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Détail de l'itinéraire : Cévennes entre ciel et pierre

Les Cévennes, c'est d'abord la roche. Le travail des hommes, l'architecture de leurs maisons, tous les paysages cévenols sont ordonnés par la roche. Mais il suffit d'un tournant de route, le temps qu'une biche disparaisse dans le sous bois, qu'un vautour fauve fonde au fond du ciel, pour que la pierre change de nature et du même coup : la face de la montagne et du village. C'est le jeu des hasards géologiques qui veut cela : failles, bouillonnements refroidis, érosions ... mémoire compliquée d'une nuit des temps. Granit, calcaire et schiste dominent, chacun dans son territoire.

Le mont Lozère a son granit qui fait de belles et solides maisons, des ruisseaux de tourbières, des cascades sous la hêtraie, de fraîches pâtures pour les troupeaux transhumants ou sédentaires. Le randonneur, le cavalier, le vététiste avide de grands espaces ouverts sur des horizons bleutés, ne sera jamais déçu.

Sur les hauts plateaux calcaire des Causses, les maisons sont toutes de voûtes bâties, de la cave au grenier. Les rivières se taillent des gorges profondes, les brebis paissent dans la steppe magnifiée par les chaos rocheux sculptés dans l'eau d'une mer jurassique. On marche dans des splendeurs botaniques, on explore d'autres merveilles plus souterraines : celles qu'offrent les avens.

Plus au sud, les vallées sont plus schisteuses et les vieux mas isolés, dont la pierre est aussi tirée du rocher, sont souvent restaurés pour vous accueillir le temps d'un séjour. Un paysage de terrasses l'entoure, et porte des cultures (biologiques) de petits fruits rouges, d'oignons doux,  des jardins potagers ... A flanc de montagne, on passe toujours près d'un château dont il reste un peu d'Histoire, un hameau éloigné où la vie s'accroche près des châtaigniers. On marche sur des chemins de mules, parmi les rochers, dans les pas des camisards, des maquisards, des bergers qui laissèrent des cairns : bornes de pierres empilées. Puis les lacets des chemins mènent aux crêtes sublimes où sont les drailles caillouteuses.

Le mont Aigoual , selon ses versants, conjugue les trois versions rocheuses. Les forêts qui le couvrent ont des sous bois agrémentés de milliers de rochers moussus, ses falaises abritent les aigles royaux, les faucons pèlerins.

Ce caillou ne facilite pas la vie du paysan mais il s'en est bravement accommodé, pour offrir encore aujourd'hui, des produits du terroir nombreux et parfumés aux plantes poussant entre pierre et ciel. Fromages de chèvre ou de brebis, pâtés aux cèpes, confiture d'oignons, sirops de fleurs, de fruits,  ou jus de pommes, châtaignes ... Tandis que l'artisan traditionnel taille la lauze ou le granit, reconstruit  des murs en pierre sèche, le conteur conte la légende de Gargantua  vidant les cailloux de ses sabots. Et le visiteur ? Il randonne partout en Cévennes, à pied ou avec un âne, dans la beauté combinée des fleurs sauvages, de la roche et d'un ciel immense.

B. Matthieu